On a testé Google WiFi, le routeur intelligent qui va résoudre vos problèmes de réseau sans-fil

« Utiliser un seul point d’accès Wi-Fi chez vous reviendrait à n’utiliser qu’une seule ampoule pour éclairer toute votre maison », s’amusait Ben Brown, boss de l’équipe qui a conçu le routeur Google WiFi, lors de notre rencontre dans les locaux parisiens du géant américain. L’image est lumineuse et parlera à tous ceux qui jonglent avec du CPL, plusieurs bornes Wi-Fi indépendantes ou des bobines de câbles Ethernet, pour tenter de rester connecter où qu’ils se trouvent chez eux. Par pudeur, on ne parlera pas des poignées de cheveux arrachés chaque jour à batailler avec les réplicateurs, les sous-domaines d’adresse IP, etc.

Avec son Google WiFi (disponible seul ou en pack de deux/trois, pour les plus grands logements), la société californienne entend non seulement couvrir toute votre maison avec un seul et unique réseau Wi-Fi, mais aussi vous faciliter la vie, à l’installation et à l’utilisation quotidienne, tout en vous offrant les meilleurs débits grâce à un peu d’intelligence artificielle.

En d’autres termes, Google veut vous faire oublier votre réseau Wi-Fi, comme vous oubliez celui qui vous apporte l’électricité. Nous avons donc confronté cette belle promesse à des conditions aussi réelles que sévères. Un appartement en L d’environ 110 m2, tout en longueur et en couloir, constitué au fil des décennies de lots plus petits. Un détail qui a son importance car il explique la présence de quatre murs porteurs très épais, en brique. Une configuration qui imposait jusqu’à présent l’utilisation de deux réseaux Wi-Fi distincts, d’un kit CPL et d’un câblage Ethernet peu pratique. Autrement dit, le Wi-Fi n’était jusqu’à présent pas vraiment le bienvenu et la connexion fibre pas forcément mise en valeur.

Configuration, quand le Wi-Fi et votre smartphone sont de mèche

Il en aura fallu du temps à Google pour lancer son mesh networking. Pour rappel, en français, on parle de réseau maillé – soit plusieurs routeurs qui communiquent entre eux pour ne faire qu’un seul et même réseau. Vos appareils passent d’un routeur à l’autre de manière transparente selon où ils se trouvent.
Quatre ans et demi de dur labeur en laboratoire, pour penser aux moindres détails et « rendre le Wi-Fi performant et accessible ». Les deux routeurs Google WiFi de notre pack sont compacts, design et discrets. Deux cylindres (pour disposer les antennes à 360°) trapus et blancs, parcourus d’un cercle de lumière bleue pendant la configuration et blanc quand tout va bien. On les pose sur un coin d’étagère ou entre deux livres, sans remord et sans mettre à mal l’intégrité de notre décoration d’intérieur. Un point qui pourrait paraître accessoire, mais qui ne l’est pas. Un routeur hideux est généralement caché, et un point d’accès Wi-Fi planqué dans un placard fonctionne moins bien.

On connecte donc indifféremment un premier Google WiFi à sa box, avec le câble Ethernet fourni, puis on le branche en USB-C au réseau électrique. On prend alors son smartphone en main (sous iOS 8 ou Android 4, ou plus récent) et on lance l’application gratuite qui servira à sa configuration. On scanne un code 2D situé en dessous du boîtier pour l’identifier. Commence alors une succession d’étapes au cours desquelles on indique dans quelle pièce il se trouve, donne un nom au réseau Wi-Fi (le fameux SSID) et choisit un mot de passe. Une fois connecté au nouveau réseau Wi-Fi, l’application demande combien d’autres points Google WiFi on entend ajouter. En l’occurrence, un seul supplémentaire.

On doit alors choisir où le placer. Google recommande de ne pas les placer à plus de deux pièces de distance pour que les deux routeurs soient capables de bien communiquer entre eux. On le branche au secteur, le pose dans un endroit dégagé, et on attend que sa lumière passe au blanc.

Si vous avez respecté les consignes, vous ne devriez pas rencontrer de problème. Nous avons toutefois constaté que le choix de l’emplacement est crucial. Ainsi, dans le cadre de notre configuration, quelques dizaines de centimètres faisaient la différence entre une connexion maillée excellente, correcte ou faible.

À noter qu’une fois la configuration terminée, il sera toujours possible de tester le maillage de vos Google WiFi et d’ajuster leur position pour un meilleur résultat. À tout moment, sur le smartphone, on peut tester la connexion sans-fil ainsi constituée.

Au total l’installation et la configuration des deux modules n’aura pas pris plus d’un quart d’heure et aura même été plutôt ludique.

Un réseau performant et stable

Contrairement à certains concurrents, notamment les Netgear Orbi qui sont tri-bande, les Google WiFi n’utilisent que deux bandes de fréquences (2,4 et 5 GHz) pour les communications, compatibles avec le 802.11a, b, g, n et ac. Le géant américain déclare qu’il compense cette offre plus limitée grâce à l’utilisation de l’apprentissage machine et au fait que ses routeurs analysent en permanence le spectre Wi-Fi pour choisir le canal le plus stable, le moins parasité et le plus rapide. Vos appareils (smartphones, PC portables, tablettes, etc.) se connectent également systématiquement au routeur le plus proche.

Dans un environnement difficile, fait de murs épais et de nombreux réseaux Wi-Fi voisins, qui s’entre-perturbent, les Google WiFi ont systématiquement assuré des débits stables et rapides, malgré une perte de débit importante dès qu’on passe du premier routeur au second. Si la solution fonctionne bien, il n’y a pas de miracle, la perte de signal propre au Wi-Fi est bien là. Le problème est toutefois surtout significatif pour les personnes qui bénéficient d’un accès à Internet qui dépasse les 200 Mbits/s.
Sans surprise, c’est donc à courte portée que les débits sont les meilleurs. Le record en téléchargement mobile a été de 550 Mbits/s (environ 68,75 Mo/s) et la moins bonne performance à 173 Mbits/s (21,6 Mo/s), en périphérie de zone de couverture. En téléversement, les chiffres sont un peu moins bons – le plus bas est à 145 Mbits/s (tout de même 18 Mo/s).
Autrement dit, les Google WiFi assurent une couverture maximale et assez de débit pour la plupart des usages, surtout ceux liés au Net. Il nous a été ainsi possible de surfer sans hoquet, de télécharger rapidement des applications ou de streamer sans encombre des films en HD, voire 4K, dans le salon, qui est la partie la plus éloignée du premier routeur. Nous avons même pu accéder à Internet, avec des débits encore très honnêtes, un peu moins de 12 Mbits/s (1,5 Mo/s) dans la cuisine, habituellement coupée du réseau, sauf à passer par un câble RJ45.
En revanche, si vous cherchez à transférer des fichiers lourds en urgence, mieux vaudra vous tourner vers de l’Ethernet. Rien de nouveau sous le soleil.

Des fonctions pour des usages modernes et contrôlés

Malgré cette chute relative des débits, les vitesses de connexion sont plutôt de bonnes nouvelles. Google a fait en sorte que ce ne soient pas les seules. Ses Google WiFi sont facilement réglables depuis l’application. Ainsi, une page d’accueil dresse un état des lieux. On y voit l’état de la connexion, le nombre de points connectés, la disponibilité éventuelle d’une mise à jour, etc. C’est d’ici également qu’on peut tester la vitesse de la connexion vers les serveurs de Google pour avoir une idée des débits dont on bénéficie.

Mais les Google WiFi proposent également plusieurs fonctions intéressantes et bienvenues. La première est un contrôle parental assez poussé. Vous pouvez définir pour certains appareils des heures de connexion autorisées, soit à la volée, soit de manière systématique, en fonction des jours d’école, par exemple. Et si malgré cela, vous n’arrivez pas à faire décoller votre enfant ou votre conjoint de son smartphone ou de sa tablette, il est possible d’une pression du doigt de bloquer son accès à Internet…

Inversement, si vous savez que vous allez devoir passer un appel en visioconférence pour votre travail et que la bande passante risque d’être occupée par d’autres utilisateurs, vous pouvez définir une période (de une, deux ou quatre heures) pendant laquelle votre appareil sera prioritaire pour le trafic en Wi-Fi.

Même si les Google WiFi veulent vous simplifier la vie, il est malgré tout possible d’accéder à certains réglages avancés, comme le choix de la plage IP, l’attribution d’une adresse IP à un appareil ou encore le mappage de certains ports vers une machine précise. Pratique si vous hébergez un petit serveur FTP sur votre NAS, par exemple.

Enfin, pour éviter d’avoir à donner votre mot de passe Wi-Fi à des amis ou proches, il est possible de créer un réseau invité, qui se configure aussi rapidement que le réseau principal. On choisit un mot de passe qu’on pourra ensuite transmettre depuis l’application via SMS, mail ou AirDrop (pour les iPhone). Plus besoin de le dicter vingt fois par soirée.

Quand ils se connectent au réseau dédié, les invités peuvent accéder à un portail local, On.here, depuis leur navigateur. Ils voient alors les appareils disponibles pour une interaction ou la diffusion en streaming d’un contenu.

Quelques limitations malgré tout

A franchement parler, les Google WiFi tiennent grandement leur promesse pour un usage quotidien du Net et leur tarif accessible n’en est que plus séduisant. Néanmoins, difficile de ne pas pointer quelques limites au-delà de la perte de débit sur le réseau étendu. La première, liée à la volonté de simplicité d’utilisation, tient à l’absence de certaines fonctions qu’on trouve parfois dans des produits de ce genre. On ne trouve donc pas, par exemple, de pare-feu intégré, de serveur d’impression ou encore de filtres d’adresses Mac, etc. Evidemment, les mises à jour étant fréquentes, on peut imaginer qu’un nouveau firmware introduise de telles fonctions.

En revanche, autre limite, les routeurs du géant américain ne proposent que deux ports Ethernet et aucun USB. On ne pourra donc brancher qu’un appareil en filaire sur le premier routeur et il sera impossible d’y connecter un disque dur ou une imprimante USB. Un défaut partiellement compensé par le fait que sur le deuxième routeur les deux ports Ethernet peuvent devenir des ports LAN.

Enfin, pour ceux qui craignent pour leurs données personnelles, précisons qu’il est nécessaire de posséder (ou créer) un compte Google pour pouvoir configurer et utiliser ces petits routeurs Wi-Fi. Le géant américain certifie ne pas collecter de données sur les sessions de surf des utilisateurs, mais les plus prudents pourraient malgré tout vouloir tenter leur chance ailleurs.

Source : http://www.01net.com/tests/on-a-teste-google-wifi-le-routeur-intelligent-qui-va-resoudre-vos-problemes-de-reseaux-sans-fil-5743.html

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